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Crise et suicide

Je me suis fait admettre en psychiatrie

Avertissement : cet article parle de suicide. Si ça va mal en ce moment, parlez d'abord à quelqu'un. L'article va encore être là.

La réponse courte

Peut-on s'admettre soi-même en psychiatrie?

Oui. Au Québec, comme presque partout, on peut demander d'être hospitalisé en psychiatrie de façon volontaire. Ça passe généralement par l'urgence d'un hôpital, ou par une référence d'un médecin. Un médecin vous évalue et décide si un lit est nécessaire. Une personne admise volontairement peut en général demander à partir, après une évaluation par l'équipe.

En 1998, je me suis réveillé à l'urgence de l'hôpital Lions Gate, à North Vancouver. C'était juste après ma tentative de suicide. Je ne décrirai pas la tentative, ni ici ni ailleurs. Ce que je veux vous raconter, c'est la suite : une conversation avec le psychologue de garde à l'urgence, et le choix que j'ai fait au bout de cette conversation-là. J'ai choisi de rester. Je me suis fait admettre, et j'y ai passé à peu près un mois.

Alors, la question que j'aurais tapée dans mon téléphone si j'avais été capable d'aligner deux idées. Peut-on s'admettre soi-même en psychiatrie? Oui. On peut demander d'être hospitalisé de façon volontaire. Ça passe la plupart du temps par l'urgence, parfois par une référence de votre médecin. Un médecin vous évalue et décide si vous avez besoin d'un lit. Volontaire, ça veut dire que vous avez dit oui.

Peut-on vraiment s'admettre soi-même en psychiatrie?

On peut le demander. Avoir un lit, par contre, c'est une décision médicale, et les lits sont rares à peu près partout. L'équipe admet quelqu'un quand elle juge que l'hôpital est l'endroit le plus sûr pour lui, là, maintenant. Si on ne vous garde pas, ce n'est pas un jugement sur votre souffrance. Vous devriez repartir avec un plan, un suivi, un numéro. Exigez-le.

Au Québec, les portes d'entrée vers les soins publics en santé mentale incluent l'urgence, le médecin de famille, le CLSC et Info-Social 811, et ces soins sont gratuits dans le réseau public. En Colombie-Britannique, où j'étais, c'est la loi provinciale sur la santé mentale qui s'applique, et toute personne de 16 ans ou plus peut demander à être admise dans un établissement désigné (page en anglais).

Admission volontaire ou garde en établissement?

Volontaire, vous avez consenti. La garde en établissement, c'est quand l'hôpital garde une personne contre son gré parce qu'elle représente un danger pour elle-même ou pour autrui en raison de son état mental. Ça vient avec des règles et des droits précis, dont des évaluations psychiatriques régulières et le droit de contester la garde devant le Tribunal administratif du Québec. Éducaloi l'explique clairement.

Moi, c'était la première. Personne n'a signé de papier à ma place. J'ai dit oui.

Peut-on partir si on s'est fait admettre soi-même?

En général, oui. En Colombie-Britannique, une personne admise volontairement n'a qu'à dire au personnel qu'elle veut son congé, et dans la plupart des cas elle peut partir, parfois après avoir signé un formulaire de départ contre avis médical. Le bémol : si l'équipe croit que vous êtes vraiment en danger, elle peut évaluer la possibilité d'une garde. Et ça, c'est encadré par la loi.

Les détails changent d'une province ou d'un pays à l'autre. Posez la question dès la première journée. J'aime mieux que vous le sachiez avant d'entrer que de l'apprendre sur l'étage.

La conversation à l'urgence

Je ne vous ferai pas croire que je m'en souviens mot pour mot, et je ne l'inventerai pas pour faire une belle histoire. Ce que je sais, c'est comment ça s'est terminé. Le psychologue a parlé avec moi, et au bout de la conversation, j'ai choisi de me faire admettre. Volontairement. Directement de l'urgence.

Il y a une affaire que j'ai seulement comprise ces dernières années, surtout en thérapie. Toute ma vie, je suis parti avant qu'on me laisse. Des jobs, des villes, du monde. À cette urgence-là, j'ai fait le contraire. Je suis resté et j'ai laissé des inconnus me voir au pire.

Je ne savais pas que j'avais un TSA à ce moment-là. Ça, c'est venu à 50 ans, vingt-quatre ans plus tard. En 1998, je savais juste que ma tête faisait trop de bruit et que j'étais à court de trucs pour la faire taire.

Un mois en psychiatrie, pour moi, ça ressemblait à quoi?

À peu près un mois. De la thérapie de groupe. Différentes sortes de counselling. De la thérapie. Des médicaments, que je ne nommerai pas, parce que ce qu'on m'a donné en 1998 ne vous dit rien sur ce dont vous avez besoin. Ça, c'est une conversation à avoir avec votre médecin ou votre pharmacien.

Rien de spectaculaire. Les journées avaient un horaire, et il y avait du monde dont c'était le travail de m'aider. C'est ce qu'il me fallait à ce moment-là. Si vous voulez voir l'intérieur (la routine, les règles, les autres patients), j'en parle dans c'est comment, vraiment, une hospitalisation en psychiatrie, et j'ai fait une liste pratique de quoi apporter à l'hôpital psychiatrique.

Si vous pensez demander un lit

Allez à l'urgence et dites la vérité au triage. Quelque chose comme « j'ai des idées de me tuer » ou « je ne suis plus capable de me garder en sécurité ». Ça peut sortir plate, croche, ou avec un rire nerveux. Les personnes autistes surtout, on n'a pas toujours l'air en crise. Dites les mots quand même. C'est ce que vous dites qui compte. Amenez quelqu'un si vous pouvez.

Si vous ne savez pas si c'est l'hôpital ce soir, appelez d'abord une ligne de crise. On ne vous admettra pas au téléphone, mais on peut vous aider à voir la prochaine étape et rester avec vous pendant ce temps-là. Au Québec, c'est le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553), le texto au 535353 ou le clavardage sur suicide.ca. Le 988 fonctionne aussi : au Québec, les appels sont transférés au 1 866 APPELLE. Info-Social 811, option 2, répond jour et nuit. J'ai écrit sur ce qui se passe vraiment quand on appelle une ligne de crise, parce que je connais la peur de composer le numéro.

Si vous êtes en danger immédiat, faites le 911.

Est-ce que ça valait la peine?

Oui.

Le mois ne m'a pas réparé. J'haïs les histoires où un gros moment guérit le gars d'un coup, alors je vais être franc. Ça a arrêté la chute. C'était assez pour repartir de là.

Les années d'après ont été tout croches. De la dépression. De la consommation. Je n'ai pas touché à la cocaïne ni à l'héroïne depuis 2010, ça fait seize ans. Puis un effondrement pendant les années COVID, et un travailleur social qui s'en souciait pour vrai, qui m'a aidé à aller chercher du soutien et un diagnostic. Je suis encore là, à écrire ça dans une maison en plein bois, avec Sandra, ma conjointe, qui m'endure. La version longue est dans ma vie après ma tentative de 1998.

Dire oui à cette urgence-là, c'est le premier pas de tout le reste.

Les questions qu'on pose

Puis-je partir si je suis admis volontairement?

En général, vous pouvez demander à partir, et l'équipe voudra vous évaluer d'abord. Si elle croit que vous représentez un danger pour vous-même ou pour autrui, elle peut entamer une démarche de garde en établissement, qui vient avec des règles et des droits. Posez la question à l'infirmière dès la première journée.

Faut-il une référence pour être hospitalisé en psychiatrie?

Non. Vous pouvez vous présenter à l'urgence et demander. Votre médecin de famille, votre CLSC ou une ligne de crise peuvent aussi vous y diriger, et un médecin peut vous référer si vous n'êtes pas en danger immédiat.

Combien de temps dure une hospitalisation volontaire?

Il n'y a pas de durée standard. Certaines personnes restent quelques jours, d'autres plusieurs semaines, selon la vitesse à laquelle ça se stabilise et le soutien qui attend dehors. Moi, ça a été à peu près un mois. Demandez à votre équipe ce qu'elle vise.

Et si l'hôpital refuse de m'admettre?

Ça arrive, souvent par manque de lits ou parce que l'équipe pense qu'un suivi externe convient mieux. Vous devriez repartir avec un plan : un rendez-vous de suivi, un numéro de crise, un plan de sécurité. Si ça empire, retournez-y ou appelez le 1 866 APPELLE.

Sources

  1. Québec.ca, Étapes pour obtenir des soins et services en santé mentale
  2. Éducaloi, Garde en établissement : les droits des patients
  3. People's Law School (Dial-A-Law), Hospitalizing a mentally ill person (en anglais)
  4. AQPS, Besoin d'aide urgente
  5. Suicide.ca

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